INT
-
Derniers pas vers le Liban
En rejoignant le Jourdain, j’aborde la dernière étape de mon périple sur le Shvil : il me reste 120 kilomètres jusqu’au terminus. Je longerai le lac de Tibériade, grimperai le Mont Meron le long de ses profonds canyons, puis rejoindrai la frontière du Liban jusqu’au village de Dan, le terme du parcours. Le Shvil aborde le lac de Tibériade par le sud, le long de la mythique rivière du Jourdain, près du village de Kinneret. Mythique n’est pour une fois pas un terme usurpé, tant la rivière est présente et sacrée dans les anciens et nouveaux testaments, et en particulier parce qu’elle a accueilli le baptême du Christ par Jean…
-
Ombres et lumières en Galilée
Au nord de Tel Aviv, le chemin suit la Méditerranée, puis oblique vers la Galilée et le lac de Tibériade à l’est. Ensuite, il rejoindra la frontière libanaise, au nord. J’aborde les derniers 400 km de mon périple relativement décontracté. La température devrait être plus clémente, les obstacles mesurés, les hébergements simplifiés, le physique acclimaté, le transport d’eau allégé, les ravitaillements facilités. Mais la réalité va se charger de m’apporter son lot de défis quotidiens. Je dois admettre ici une pointe d’usure mentale, une certaine lassitude. Quand le chemin est trop facile, moins spectaculaire, il est difficile de ne pas se relâcher, et ce déficit de concentration fait perdre une…
-
Trails Angels
L’approche vers Jérusalem est marquée par de très belles rencontres. Le resserrement des agglomérations me poussent à solliciter l’hospitalité chez les nombreuses personnes qui me l’offrent le long du chemin. Tout d’abord chez Ayelet, à Beit Guvrin. Elle m’ouvre généreusement les portes de sa maison, le dîner, et une chambre individuelle. Le chemin est sans difficulté, agréable, simple. Je m’arrête à Dvira, petit kibboutz paisible qui met à disposition des marcheurs un lieu pour une halte sommaire mais efficace. J’atteins Tsur Hadassa, dans la grande couronne de Jérusalem. Nadav, que j’avais rencontré il y a quelques semaines près de Mitzpe Ramon, m’avait dit que sa mère Dori était Trail Angel…
-
La sortie du désert
Quand j’approche la petite ville d’Arad, j’ai des sentiments mitigés. Je suis heureux d’en terminer avec le désert, les températures, les ravitaillements compliqués, une certaine monotonie du paysage. Mais j’appréhende un peu de retrouver la ville, et suis préoccupé par la douleur à la cheville qui s’intensifie. Une famille de trail angels ouvre sa maison aux randonneurs, et j’ai l’opportunité d’y passer un peu de temps. A l’entrée de la ville, Medard le letton m’aperçoit et me fait signe de loin. Il me guide vers la maison qui est pleine d’une horde de 70 randonneurs venus passer le Shabbat. Le chaos est indescriptible, des tables occupent tout l’espace du rez…
-
Vers la mer Morte
Après deux jours de pause, je suis pressé de quitter Mitzpe Ramon, hypnotisé par la drogue de l’itinérance. J’ai une petite dette envers le chemin : je dois parcourir à pied la partie que j’avais escamotée, juste avant d’arriver à Mitzpe Ramon, en anticipant l’orage et faisant du stop. Me voici donc aux portes de la ville, espérant attraper une voiture pour me ramener à mon point de sortie du chemin. Le sort s’acharne, la route vers le sud (la seule possible) est toujours fermée. Je décide de passer outre le barrage (c’est possible, à pied) et descends sur la route déserte. J’espère secrètement qu’un riverain qui sera passé au…
-
Baromètre capricieux
La météo tient ses promesses. A 5h du matin, la chaleur est déjà là. La veille, j’ai eu le plaisir de rencontrer deux shvilistes Israéliens. Les deux ont des directions opposées mais campent avec moi, sur les pelouses du petit parc municipal de Sapir. Je pars avec Nave, qui se dirige vers le nord comme moi. Mes appréhensions face à la chaleur s’atténuent un peu, en sa compagnie sur la prochaine étape. Alors qu’à 10h à peine, le thermomètre affiche déjà 35 degrés, je me dis que j’ai bien fait d’avoir un camarade de souffrance, en cas de trou d’air. Nave a 26 ans, parle un anglais parfait et pense…
-
Première semaine en Israël
J’arrive à Tel Aviv sans encombres, avec la légère culpabilité du type qui a cramé son bilan carbone pour 2 ans avec un billet d’avion. L’alternative était de venir en vélo ou en bateau à voile, cela me donne des idées pour l’avenir ! J’ai la chance de pouvoir poser mes valises et me faire accueillir par Gal, un ami qui habite non loin de Tel Aviv, à Herzeliya. Merci Godefroy pour le contact ! Avoir une base logistique, psychologique et un traducteur en hébreu est importante dans ce genre de projet, même si le pays est plutôt « facile » à visiter : les transports en commun sont très…
-
40 jours dans le désert
Mon ami Ran, avec qui j’avais partagé quelques étapes du Pacific Crest Trail dans la Sierra et le Washington, m’avait vanté les mérites d’un chemin traversant son pays, Israël. En hébreu traduit, il s’appelle le Shvil. De l’idée était née un projet, et d’un projet une réalité, dès que j’en eus l’opportunité. Je souhaitais partir visiter un pays que je ne connaissais pas, différent, à la culture et à la géographie riche, complexe. La marche est le meilleur moyen de comprendre un territoire en profondeur. Il se trouve en plus que ce petit pays recouvre une communauté de randonneurs active, passionnée, qui a relié des fragments de chemins pour en…