Course contre la météo

Les étapes précédentes pèsent, alors que je quitte Vizzavona. Les nuages de l’orage de la veille peinent à se dissiper, et donnent au village encore endormi une atmosphère lugubre. Quelques manoirs à demi abandonnés ne me donnent pas envie de traîner là. Il fait assez frais, mais déjà le chemin monte sur le long du lit du torrent de l’Agnone.

Je le réchauffe vite. Au programme, une montée raide de trois bonnes heures, parsemée de ressauts à escalader, qui finit par un « mur », le chemin attaquant le versant sud du monte d’Oro à angle droit, raide dans le pierrier. Je suis parti tôt et pourtant, ceux que je croise en sens inverse m’annoncent un orage prévu dès 11 heures. Cela ne m’arrange pas, car je serais sur la crête vers 10h30.

En quittant Vizzavona ce matin, j’ai fait le choix de partir tôt et d’opter pour un itinéraire court : on arrête la fantaisie des variantes acrobatiques. Pourtant, le parcours classique du GR20 se charge de me rappeler sa difficulté intrinsèque.

Jeux de nuages

La crête sommitale de Muratello est, une fois de plus, bien casse gueule. Et très exposée aux éléments. La descente par la face nord est encore plus raide. Heureusement, l’orage me donne du répit. Quatre bretons, Vincent, Steven, Guillaume et Max, que je rencontrerais un peu plus tard, me raconteront en avoir essuyé un exactement à cet endroit la veille, les obligeant à courir dans la descente.

Le refuge de l’Onda se trouve pile en contrebas de la crête, au fond d’un cirque rocheux semblant avoir été creusé par un glacier, sur une petite prairie douillette. La descente étant verticale, il paraît proche. Mais l’atteindre est un vrai exercice de patience. Et de concentration.

De la crête, direction le refuge, en bas à droite. J’aurais du prendre mon parapente.
Vaches alpinistes

Finalement, l’orage se fait attendre, le soleil est encore là, et j’en profite pour y faire ma pause déjeuner. L’amabilité en pointillés des tenanciers me poussent, une fois de plus, à déguerpir voir si le prochain refuge est plus accueillant.

Il y a deux façons d’atteindre le prochain refuge : par les crêtes ou la vallée. J’opte naturellement pour la vallée, protégée, sauf sur la fin.

Le GR20 et sa variante

Le sentier perce facilement une agréable forêt de pins, puis s’infléchit franchement à l’abord du cirque qui bouche le fond de la vallée. Poussé par l’incertitude du temps, je monte très (trop) vite. Je croise des petites bergeries, points de repli potentiels qui me rassurent. Je finis par atteindre, épuisé, le refuge de Pietra Plana. Il faut dire que j’ai marché quasiment 11h, et grimpé près de 2000m de dénivelé positif aujourd’hui.

Les quelques chalets qui le composent sont posées là on ne sait comment. Le petit plateau rocheux qui l’accueille demande de l’imagination pour poser sa tente. En se début de mois de septembre, la fréquentation est forte. En effet, beaucoup de marcheurs se concentrent sur le nord du GR, ou abandonnent à Vizzavona.

Le refuge de Petra Piana et ma tente, au premier plan

Finalement, l’orage n’arrive pas, la pluie non plus, malgré une ambiance très nuageuse, qui finit même par s’éclaircir en soirée. C’est la première fois depuis le départ. Cette nuit là, la température tombe d’un coup et annonce d’ailleurs une accalmie dans les intempéries d’après midi. De quoi profiter plus sereinement de la suite. J’ai encore doublé cette étape, et ce bon rythme de première moitié de GR me permet d’envisager la fin du parcours avec plus de souplesse.

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