Ski sans neige à Asco

Alors que je repars de Ballone peu avant l’aube, je goûte les bienfaits du repos de l’après-midi de la veille. La forme est là, l’intelligence aussi, je vais lentement mais régulièrement, et je gobe les 1000 mètres de dénivelé positif comme une formalité, en deux heures et demi. Pourtant, le terrain est bien raide, il faut surveiller ses appuis à chaque pas. Chute interdite.

Le décor est splendide, dominé par le minéral. Le col laisse admirer le beau lac de Cinto, qui récupère les ruissellements du mont du même nom, le toit de la Corse. Il est possible d’y monter par un court détour et 100m de dénivelé mais franchement, j’en ai fini des facéties et autres variantes. Je marche efficace car l’étape quand même estimée à une durée de huit heures et demi de marche.

J’ai d’autant moins de doute dans ma décision qu’une vilaine masse nuageuse progresse rapidement vers nous. Renseignement pris auprès des premiers grimpeurs que je croise, il y a bien de l’orage prévu à la mi-journée, et nombreux sont ceux qui ont choisi de faire l’étape au fond d’un bus. Après un court passage sur la crête, Il est déjà temps de redescendre vers Asco-Stagnu, une petite station de ski au bout d’une départementale. Le dénivelé négatif de la descente -1200m- ne m’effraye ni ne m’étonne même plus. J’essaie simplement de rester concentré pour descendre vite et bien. Entre deux barres rocheuses à désescalader, je m’autorise des glissades contrôlées dans la bien nommée « pointe des éboulis », me rappelant vaguement les sensations du ski. Je me rends compte que cet endroit a mauvaise réputation sur le GR, à cause des chutes de pierres, des barres rocheuses scabreuses et des appuis fuyants. Réputation surfaite, une fois de plus.

Mais la descente reste exigeante jusqu’au refuge d’Asco, demandant de ne pas se déconcentrer. A quelques endroits la roche déverse franchement et des mains courantes ont été installées pour les journées humides…. rien d’insurmontable, même pour un béotien de l’escalade comme moi.

Asco stagnu est vraiment sans charme, mais fonctionnelle, et permet de satisfaire rapidement aux nécessités du hiker. Je l’atteint pour l’heure du déjeuner, bien plus tôt que prévu, et décide assez vite d’y rester dormir, au vu du ciel. Son gîte un peu vétuste à l’énorme avantage de me protéger efficacement d’une belle averse l’après midi… se lever tôt à le mérite d’éviter la pluie.

En outre, un agréable bar restaurant permet de se désaltérer et discuter avec le guide d’un groupe d’anglais que je croise depuis Ballone. J’ai beau ne pas être un professionnel de la montagne, visiblement, l’histoire de mon PCT fait de l’effet à ce sympathique guide accompagnateur basé à Chamonix, Alex, rompu aux expéditions de toutes sortes, puisqu’il m’offre le verre suivant.

Je joue au cartes puis dîne joyeusement avec les bretons qui suivent l’exemple du guide et m’offrent carrément le repas, le vin, les liqueurs de châtaigne. Un couple d’américains de l’état de New York, Dean et Helsie, se joint à nous et nous offre à leur tour une bouteille. Il n’y a que la rando qui permette des gestes et moments comme cela. Une façon aussi de fêter ce GR20. Merci les gars !

Dean et Helsie, à droite

Je rentre en zig zag à ma tente, et me couche directement en essayant de ne pas réveiller le voisinage. Car il est déjà terriblement tard : 22h !

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