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Derniers pas jusqu’au Mexique
Le trajet sur le PCT continue d’être très solitaire. Trois jours peuvent passer sans croiser personne. Au moment où je me dis que décidément, le PCT est bien vide, je rencontre subitement « Anchor Man » puis « August ». Anchor man est un Canadien d’Ottawa. Il a parcouru le PCT en 4 mois, mais ralentit volontairement car ses amis qui viennent l’attendre à la frontière ne sont pas encore arrivés. Faire le PCT en quatre mois, c’est tenir un rythme vraiment soutenu, avec marche de nuit, départs tous les matins à 5h et très peu de pauses. C’est un niveau au dessus de la plupart des marcheurs, dont moi. August est une Sud…
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Les fantômes du souvenir
Les incendies ces dernières années ont forcé les Rangers à fermer le Trail au dessus d’idyllwild. Les détours mis en place ont eux aussi brûlé depuis. Il n’y a donc pas d’autre solution pour sortir d’Idyllwild que de prendre la nationale. Mais elle est trop étroite et dangereuse pour être parcourue à pied. La séance d’auto-stop pour sortir de la ville est la seule solution. Et finalement une bonne leçon à moi-même : la patience amène les belles rencontres. Un premier automobiliste sympathique me prend très vite et me fait sortir de la ville. Puis il me faut à nouveau faire du stop pour rejoindre le Trail. J’attendrais près d’une…
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Le mont San Jacinto
Après Big bear Lake, le chemin descend le long de plusieurs canyons. Ces rivières très encaissées ont un débit famélique à cette époque de l’année : à peine un petit ruisseau, souvent souterrain. Mais cela permet quand même de ne pas transporter trop d’eau, et d’avoir un peu d’ombre. La végétation est plus diversifiée aussi, moins sèche, avec de superbes sycomores de Californie, ce qui change des résineux. A quelques endroits proches des routes, certaines personnes laissent des bonbonnes d’eau potable, à l’emplacement répertorié des fameuses « caches » : merci les Trail Angels. En descendant, les températures se réchauffent nettement. De Big bear lake, où il faisait plutôt frisquet, on passe…
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En solitaire dans le désert
Je repars de Wrightwood en début d’après-midi, raccompagné par Bob, mon Trail Angel, jusqu’au PCT. Le temps se lève légèrement, après cette matinée de pluie. Il reste assez frais. J’ai fait le plein de podcasts, profitant de l’internet rapide. Pas mal d’interviews du monde de l’Internet, de la finance, de l’économie, du journalisme et de l’écologie vont occuper mes temps morts. Impatient, je les écoute dès le départ. Je prête à peine attention à quelques chasseurs de daims. Ils se sont postés le long de la piste qui jouxte le PCT, déposés par de gros 4×4. Ils ont une chasuble fluo au dessus de leur tenue camouflage. Pas aimables les…
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En marche vers le mexique
Je reviens enfin à Los Angeles. Le vol de Vancouver m’a fait une drôle d’impression : celle de parcourir en quatre heures ce que j’ai mis quatre mois à marcher. L’avion est une formidable invention, mais a tendance à nous faire perdre le sens des réalités. Le symbole de notre civilisation qui va toujours plus vite. Le retour chez Joy et Daniel à Santa Monica est royal ! Même si je me suis bien reposé au Canada, je suis heureux de me relaxer un week end avant de repartir. Car je rappelle mon itinéraire particulier de PCT : vers le nord de Los Angeles à Vancouver, puis vers le sud…
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Le Canada se mérite !
Souvent, j’aime quitter la civilisation avec un peu de compagnie. Psychologiquement, c’est plus facile. Surtout quand la pluie et la neige sont prévues pour les deux jours suivants, sans arrêt. Le troisième devrait être meilleur, et me permettra de finir dans de bonnes conditions. À Stehekin, je reprends la route seul. Je croiserais 1 randonneur de toute la journée. Mais encore une fois, la formule d’Alexandra David Néel se révèle juste : « En chemin, tout se simplifie ». Le plus dur est de partir, de claquer la porte. En marchant, on fait le point sur se préparation, au calme, et le stress redescend. Et en même temps, on accepte l’idée de…
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Couleurs d’automne
Marc, dont le nom de trail est « Swiss Chocolate », m’accompagne pour le démarrage de cette étape. Nous avons fait équipe pour aller chercher notre boîte de ravitaillement à Skykomish, la localité la plus proche de Steven’s Pass. L’auto-stop sera le plus facile de tout le PCT. Première tentative, une voiture s’arrête et une charmante dame nous conduit sur les 20 kilomètres qui nous séparent de la poste. Le retour sera encore plus simple, les habitants de Skykomish se disputant littéralement pour nous raccompagner sur le PCT, sans aucune sollicitation de notre part. Dans le jargon, c’est une ville particulièrement « Hiker friendly ». Swiss chocolate est un gars super, cultivé, curieux, ouvert…
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Brut de Cascades
Trois jours théoriques me séparent de Steven’s Pass. Théoriques, car le kilométrage n’est pas énorme, 120 kilomètres. Mais le dénivelé est bien plus corsé, avec 2000 mètres à grimper par jour, et l’équivalent à descendre. De tels chiffres confirment un changement de géographie. Le massif des Cascades se rétracte, se densifie. Le relief devient vraiment accidenté. L’altitude augmente, autour des 2000m au plus haut. Rien à voir avec la Sierra cependant, avec ses cols à 4000m. Mais le chemin reste exigeant, il faut regarder où l’on met les pieds, les ravins ne sont pas loin. D’entrée, j’ai droit à la la grimpette traditionnelle en sortie de ville. 1200m de dénivelé…
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Le Washington se révèle
Le vortex de White Pass fut plutôt limité. Le vortex, c’est cette espèce de siphon que sont les villes pour le marcheur, où il perd son temps et son argent sans même s’en rendre compte, distrait, enkysté dans le confort matériel,. White Pass n’est qu’une modeste station service près d’une petite station de ski en hibernation. Certes accueillante et équipée pour les besoins des marcheurs, les tentations restent ici limitées. Arrivé tôt le matin, je repars en fin d’après-midi en ayant bien descendu plusieurs cafés et ma « to-do list ». En effet, je me note les actions à réaliser, car une fois en ville, les distractions ne manquent pas : les…