GR20

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    10 conseils pour rater son GR20

    Ces conseils sont bien évidement rédigés avec la plus complète mauvaise foi et subjectivité. 1. Oublier que l’on est sur un sentier « star ». Le GR est victime de sa beauté, de sa difficulté, et de sa médiatisation. Quand on signe pour le GR20, on sait normalement à quoi s’attendre. Si l’on aime la solitude, le calme, les bivouacs sauvages, il vaut mieux considérer les foules comme un sympathique cas de sociologie, plutôt que subir et râler contre les désagréments qu’elles génèrent. Après une période de recul amusé, je suis évidement tombé dans le panneau moi même, ramolli par la fatigue, et lassé par l’inconséquence de mes contemporains mal dégrossis. Leur…

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    Retour à la civilisation

    Les mauvaises ondes du refuge de Carozzu ont atteint mon humeur, maussade pour cette dernière journée de marche. J’ai eu du mal à m’endormir, à cause des incessantes nuisances d’un bivouac mal habité. J’ai malgré tout assez bien dormi, mais je traîne dans ma tente ce matin. Franchement, je n’ai pas envie de voir mes voisins et pas très envie de me lever. Le vent ne m’a pas attendu et s’est levé cette nuit, soufflant ses rafales solides dans le houppier qui m’a superbement protégé. La seule chose que l’on perçoit d’en bas est le bruissement des feuilles. Ici, les arbres ont fait le pacte de se rassembler pour mieux…

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    Etapus horribilis

    La redoutée étape 3… il y a bien longtemps que je n’écoute plus que d’une oreille les commentaires des gens que je croise, et qui rivalisent de superlatifs pour qualifier cet infâme GR et ses étapes piégeuses ! Résumons-la tout de suite par mes horaires : départ d’Asco à 7h45, arrivée Carozzu à 11h45. Quatre petites heures d’une étape donnée théoriquement pour cinq. En fait, je me fous des statistiques. Je souhaite juste profiter au maximum de ces magnifiques endroits. Pour faire ce GR20, je m’étais fixé 10 jours. Un temps qui m’a paru raisonnable pour profiter suffisamment de ce parcours sans courir tout le temps, mais ne pas non…

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    Ski sans neige à Asco

    Alors que je repars de Ballone peu avant l’aube, je goûte les bienfaits du repos de l’après-midi de la veille. La forme est là, l’intelligence aussi (c’est rare), je vais lentement mais régulièrement, et je gobe les 1000 mètres de dénivelé positif comme une formalité, en deux heures et demi. Pourtant, le terrain est bien raide, il faut surveiller ses appuis à chaque pas. Chute interdite. Le décor est splendide, dominé par le minéral. Le col laisse admirer le beau lac de Cinto, qui récupère les ruissellements du Mont du même nom, le toit de la Corse. Il est possible d’y monter par un court détour et 100m de dénivelé…

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    Les vacances, enfin.

    Cette étape a beau être doublée, elle n’en reste pas moins courte. Je maudis encore les colporteurs de malheur, annonçant la difficulté de cette partie nord sentier nord. La réalité est que malgré le dénivelé, le kilométrage est très faible et permet, en étant rapide, de couvrir deux étapes en peu de temps. Vache impassible Cela devient une habitude : une jolie montée dans une vallée resserrée et pentue, qui se termine par une grimpette dans un cirque encaissé. Le refuge de Ciuttulu di i Mori domine idéalement cet amphithéâtre de roche sombre, la rhyolithe , protégé par la stature des monts environnants. Les corses semblent mettre autant d’application à…

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    Le syndrome du « fear mongering »

    Autant que sur le PCT, un sport sévit fortement sur le GR20 : le « Fear Mongering ». Comprendre : diffuser des messages anxiogènes au gens que l’on croise ou sur les réseaux sociaux, sur les supposées difficultés et dangers du chemin. Cela se manifeste par exemple par un : « tu verras, le nord c’est bien plus dur que le sud, c’est difficile de doubler les étapes » ou un : « à cet endroit, ils ont installé des chaînes le long de la paroi, tellement le passage est dangereux ». Tout cela part naturellement d’un bon sentiment. Mais j’ai appris à écouter avec une certaine distance ces prédicateurs de peurs en tout genre. D’abord,…

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    Course contre la météo

    Les étapes précédentes pèsent, alors que je quitte Vizzavona. Les nuages de l’orage de la veille peinent à se dissiper, et donnent au village encore endormi une atmosphère lugubre. Quelques manoirs à demi abandonnés ne me donnent pas envie de traîner là. Il fait assez frais, mais déjà le chemin monte sur le long du lit du torrent de l’Agnone. Je le réchauffe vite. Au programme, une montée raide de trois bonnes heures, parsemée de ressauts à escalader, qui finit par un « mur », le chemin attaquant le versant sud du monte d’Oro à angle droit, raide dans le pierrier. Je suis parti tôt et pourtant, ceux que je croise en…

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    Pluie de grêle

    A force d’essayer d’éviter les orages, on finit par les prendre sur le nez. 1 h de grêle non stop, des éclairs qui tapent sur la crête à 100m, une pluie battante à partir de 16h… cette étape fut mouvementée. Pourtant, tout avait bien commencé. Le départ du col de verde fut lent. Le chemin monte tranquillement dans la forêt. Une famille de cochons sauvage a élu domicile sous un rocher creux, et manifeste mon passage matinal par un concert de grognements suffisamment prononcés pour me faire faire un large détour dans les bois. Ensuite le chemin se sépare en deux : à l’ouest, une variante grimpe le mont Renoso…

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    L’art des choix

    Le smartphone à ses défauts, mais en randonnée itinérante, c’est un merveilleux outil. Avant de partir, j’ai téléchargé la cartographie de l’IGN, au 1/12 500ème, pour le parcours et ses a cotés. En mode avion, seul la puce GPS fonctionne et permet de se situer, en économisant la batterie. Ce matin, je vais en avoir besoin. Parti de Basseta péniblement a 6h30, j’atteins le refuge d’Osciulu vers 9h30. Le chemin est superbe, mais j’ai l’esprit préoccupé par l’orage. Déjà, en me levant, je voyais des éclairs flasher dans la nuit, au loin. Le temps, gris, peine à se lever et retrouver son bleu habituel. Car après le refuge d’osciolu, le…